5 juin 2008
Par Miryam Cache le 5 juin 2008,
Trouver qu’un psy est mauvais fait-il de lui un mauvais psy ? Pas si simple.
D’abord, « la relation entre un thérapeute et son patient est éminemment subjective », observe Mickael Benyamin, psychologue clinicien et psychothérapeute.
Nombreux sont ceux qui n’ont pas aimé tel spécialiste, pourtant chaudement recommandé par un ami. « Un patient peut être frustré par le silence d’un thérapeute, quand son voisin trouvera intrusifs les conseils et les paroles d’un autre. »
Trouver le bon, c’est avant tout trouver celui avec lequel on se sent bien. Mais la réciproque a ses limites : ne pas avoir le feeling avec l’un n’en fait pas un mauvais professionnel.
Et puis, juger son thérapeute « nul » peut être un prétexte pour ne plus progresser. Car dans toute thérapie il y a danger. « Confier son âme, son intimité, ses maux, ses fantasmes ou sa sexualité, c’est toujours un risque en soi», poursuit Mickael Benyamin.
La tentation est forte d’éviter «de revoir des comportements qui, certes, nous faisaient souffrir, mais nous garantissaient une certaine sécurité».
«On parle alors de résistances, précise le psychanalyste Jean-Claude Liaudet, et celles-ci font partie intégrante du travail. Les moments de colère, de déception, le sentiment de ne pas avancer, celui d’avoir été blessé, toutes ces manifestations négatives sont l’occasion d’aller plus loin. Elles sont aussi l’outil de travail du psy. Lequel devrait savoir qu’elles ne lui sont pas directement destinées.»
Vigilance donc, quant à nos mécanismes de défense, à nos mauvaises interprétations.
Puissantes, ces résistances empêchent même certains de se lancer dans l’aventure : quoi de plus pratique que de trouver tous les spécialistes mauvais pour rester, plus ou moins bien tranquille, chez soi ? Ou pour passer de l’un à l’autre sans jamais s’engager dans un vrai travail…